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Ornitho Planète : La Planète des oiseaux

 
Québec: 23 Février 2008 par Laval Roy

Notre belle Planète bleue est vaste et elle porte en elle tout ce qu'il faut pour que la vie y règne en maîtresse absolue. Depuis des millénaires, la terre effectue des rotations sur elle-même et autour du soleil. Elle crée les saisons en s'inclinant légèrement et en offrant un angle différent aux rayons du soleil. Les êtres qui l'habitent ont appris à s'adapter aux éléments adverses, car ces éléments habituellement cycliques sont tellement prévisibles qu'ils se sont inscrits dans les gènes des êtres vivants. Dans des parties très arides du monde, soumises à des périodes de sécheresse pouvant s'étendre sur des années, les graines de certains végétaux peuvent entrer dans une léthargie d'où elles ne sortiront qu'après la première pluie. Là où tout semblait mort  quelques minutes auparavant, et depuis même des années, une fleur surgit, embaume, embellit et assure la pérennité de l'espèce en produisant à son tour une graine qui perpétuera la vie. Une fois desséchée, elle contribuera par sa mort à nourrir d'autres êtres vivants.

Que ce soit en Afrique ou en Amérique, des millions de mammifères entreprennent à tous les ans des migrations pendant lesquelles ils couvriront des distances énormes, en affrontant mille dangers. Comme la petite plante du désert, ils obéissent à un rituel immémorial. Ils ne se posent pas la question à savoir si ce qu'ils font est bien ou non, ils agissent par instinct de survie. 

De la même façon, les oiseaux portent génétiquement en eux des comportements qui répondent à leur nécessité de survie. Les migrations printanières et automnales ont lieu à cause des saisons bien sûr, mais c'est le manque de nourriture qui dicte la loi et non pas les conditions climatiques comme tel. Il arrive à l'occasion qu'un individu d'une espèce habituellement migratrice passe l'hiver au Québec malgré les dures conditions hivernales. Il réussira à le faire à condition de trouver la nourriture nécessaire et ce, avec le moins de dépenses caloriques possible. De tous les êtres vivants affublés de poumons, les oiseaux sont ceux qui parcourent les plus grandes distances entre leurs lieux de reproduction et leurs lieux d'hivernage. Plus le trajet est long et plus il y a nécessité pour l'oiseau de faire des arrêts stratégiques pour refaire le plein d'énergie.

Le problème majeur rencontré par les oiseaux réside dans le fait que les habitats sont de plus en plus détruits autour de la Planète pour faire place à la monoculture, à l'élevage d'animaux pour la boucherie ou au développement domiciliaire et industriel. Là où se trouvait depuis des siècles un marécage accueillant pour les migrateurs, s'érigent maintenant une série de condos ultramodernes. Là où s'élevaient des grandes forêts pour abriter et nourrir les oiseaux dans leurs lieux d'hivernage, se trouvent maintenant des champs où on cultive le café, la canne à sucre ou tout autre produit pour la consommation humaine. Les palétuviers sont détruits pour étirer les plages des complexes touristiques. En Jamaïque, on exploite des mines de bauxite dans le Cockpit Country, une zone qui abrite plusieurs espèces endémiques. En Afrique du Sud, des centaines de km séparent les quelques forêts originales qui restent. Les autres forêts sont des plantations monotypiques d'eucalyptus ou de conifères. On crée des déserts écologiques.

La Planète des oiseaux se dépouille inexorablement des habitats qui leur sont essentiels pour se reproduire et se nourrir. Rien de surprenant donc de voir que les populations ont chuté de 50% à 70% depuis une trentaine d'années.

Il faut comprendre que la Planète se meurt et que tous les êtres vivants qui l'habitent, l'homme y compris, sont en sursis. Il est temps plus que jamais d'agripper nos jumelles, notre carnet de notes, notre caméra et d'investiguer notre environnement immédiat pour savourer toutes ces couleurs, tous ces sons et toute cette vie que ces petites boules emplumées apportent à l'humanité. 

Heureusement, on peut encore espérer attirer la gent ailée près de nos demeures, voire même à l'intérieur des limites de notre terrain. Pour ce faire, il suffit de planter des arbres et des arbustes qui apporteront aux oiseaux l'abri (autant pour se protéger des prédateurs et des conditions climatiques adverses que pour construire des nids) et la nourriture (fruits et graines). Il suffit aussi d'aménager des postes d'alimentations qui répondront aux besoins spécifiques des différentes espèces. Et enfin, des bains d'oiseaux très modestes qui leur assureront de l'eau pour boire et pour se baigner. Tout ceci à des coûts modérés.

Une autre facette de notre aide pour la sauvegarde des espèces peut se retrouver sur un plan régional ou national: en visitant nos parcs municipaux, provinciaux ou nationaux qui ont été institués par des gouvernements ou des organismes responsables, à la vision  tournée vers la préservation de nos acquis actuels. Les visiter, et profiter en même temps de toutes ces richesses, ne fait qu'encourager ces institutions à continuer leur travail dans la bonne direction.

Et finalement, à aller voir de visu toutes les merveilles de cette belle nature sur les autres continents de la Planète bleue. Je parle ici d'écotourisme. Je parle d'encourager les destinations qui ont été créées en respectant le plus possible la nature, dans le but premier de protéger les habitats. Nos visites leur fournissent les moyens pour continuer leur mission.

Notre Planète bleue se meurt, il y a urgence à partir à sa découverte.  Je vous invite à nous accompagner.   


  depuis le 9 mars 2008

Cette page a été modifiée pour la dernière fois le  17 mars 2008

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